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gauche?

Cmarpo
20.04.2012 - 09:36
Présidentielles françaises et réveil de la gauche : De quoi Méluche est-il le nom ?

« Il y a les experts, il y a les penseurs, et puis il y a le peuple. Le peuple inattendu. C'est-à-dire des voix et des
pensées que personne, ou rien, ne laissait présager », écrit Michel Butel, en couverture du deuxième numéro du
désormais indispensable mensuel «L'Impossible». Inattendue, en effet, la foule qui se presse aux meetings de campagne
du candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle française. Inattendu, le succès probable, en tout cas
possible, de la candidature de Mélenchon (autour des 15 % d'intentions de vote, et devant Le Pen dans plusieurs des
derniers sondages à peu près sérieux qui ont été publiés). Inattendue, surtout, et bienfaisante, cette renaissance,
enfin, de l'« envie de politique » à la faveur de la campagne de Mélenchon.

Car « toute action n'est pas vaine, toute politique n'est pas sale »...

Ce que Mélenchon rassemble derrière lui dans les intentions de vote, et devant lui dans ces meetings dont le succès
massif a contraint Hollande et Sarkozy à organiser eux aussi de grands rassemblements en plein air, ce n'est pas une
f
ule béate acquise à un homme : c'est une foule qui se réveille d'années de léthargie, de déprime, de démobilisation
politiques. Une foule de militantes et de militants plus encore que d'électrices et d'électeurs. Et cette foule est
derrière Mélenchon parce que Mélenchon sait lui parler, et lui dire non seulement ce qu'elle a envie d'entendre, mais
surtout ce qu'elle a besoin d'entendre : qu'il y a une alternative à l'ordre présent des choses, que « toute action
n'est pas vaine, toute politique n'est pas sale » (cela, c'est du Mendès-France...), et que ce n'est pas parce que la
gauche s'est si souvent abandonnée à la force du courant, à celle de l'argent ou à la raison raisonnable de la Raison
d'Etat, qu'il faut renoncer à la réveiller, la gauche...


Mélenchon prendra probablement des suffrages, au premier tour, au candidat du PS. Mais il semble bien qu'il lui en
prendra moins qu'à Marine Le Pen et au Front National, vers qui, comme des personnages d'un film de Guédiguian,
semblaient vouloir se tourner en désespoir de cause (et il en faut, du désespoir, et des trahisons de causes, pour se
tourner vers cette soue) les femmes et les hommes d'une gauche plébéienne ne pouvant se reconnaître ni dans les
politiques menées par la gauche de gouvernement, ni dans les femmes et les hommes l'incarnant.
Mélenchon ramène dans la « vieille maison » (et cela, c'est du Léon Blum...) celles et ceux qui n'en pouvaient plus d'y
devoir cohabiter avec des Bernard Tapie ou des Dominique Strauss-Kahn. Il ne prend pas des électrices et des électeurs
au candidat socialiste : il les prend à l'abandon, à l'abstention, au vote d'humeur, à la chasse au bouc-émissaire. Il
les prend, ou plutôt : il les reprend là où la gauche de gouvernement les avaient laissé : sur le bord de la route. Et
il ne les reprend pas pour lui : il les reprend pour eux. Et c'est la condition nécessaire, pour n'évoquer que cette
échéance et ce court terme, d'un renvoi de Sarkozy. Par l'élection de François Hollande, puisque seul le candidat
socialiste est en mesure de battre, au second tour, le président sortant, mais qu'il ne pourra le battre que grâce à
celles et ceux qui soutiendront Mélenchon dimanche, et soutiendront ensuite Hollande.


Mais au-delà de cela, au-delà même de la situation française, il y a la valeur d'un exemple : quand la « gauche de la
gauche », la « gauche socialiste » (ou le socialisme de gauche, comme on voudra) est capable de se rassembler, elle
pèse d'un poids déterminant dans les rapports de force politiques. Si les sondages ne se sont pas lourdement gaufrés,
cela fera trente ans que cette «gauche de la gauche» n'aura pas pesé autant dans une élection en France.
Alors, que les discours de Mélenchon effraient les centristes, que ses références à Robespierre et Saint-Just hérissent
Michel Onfray et que Daniel Cohn-Bendit trouve Méluche ringard, à vrai dire, on s'en fout. Ce qui importe, « ici et
maintenant » (cela, de qui est-ce, déjà ?), en France, des femmes et des hommes qui vomissaient ceux qui leur parlaient
de politique retrouvent le goût d'en entendre parler, mais avec des mots qui veulent dire quelque chose d'autre
qu'«adaptez-vous», « il n'y a pas d'alternative », «c'est comme ça et pas autrement»... Des mots qui disent autre chose
que la soumission volontaire. Des mots qui disent de la politique, et pas de la comptabilité.


De quoi Méluche est-il le nom ? D'un réveil.
http://tinyurl.com/cq4szoa

--

http://www.youtube.com/watch?v=gp3XZDK7Lw4&obv2e



NewsForums
20.04.2012 - 14:13
Le 20/04/2012 09:36, Cmarpo a écrit :
Présidentielles françaises et réveil de la gauche : De quoi Méluche
est-il le nom ?

« Il y a les experts, il y a les penseurs, et puis il y a le peuple. Le
peuple inattendu. C'est-à-dire des voix et des pensées que personne, ou
rien, ne laissait présager », écrit Michel Butel, en couverture du
deuxième numéro du désormais indispensable mensuel «L'Impossible».
Inattendue, en effet, la foule qui se presse aux meetings de campagne du
candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle française.
Inattendu, le succès probable, en tout cas possible, de la candidature
de Mélenchon (autour des 15 % d'intentions de vote, et devant Le Pen
dans plusieurs des derniers sondages à peu près sérieux qui ont été
publiés). Inattendue, surtout, et bienfaisante, cette renaissance,
enfin, de l'« envie de politique » à la faveur de la campagne de Mélenchon.

Car « toute action n'est pas vaine, toute politique n'est pas sale »...

Ce que Mélenchon rassemble derrière lui dans les intentions de vote, et
devant lui dans ces meetings dont le succès massif a contraint Hollande
et Sarkozy à organiser eux aussi de grands rassemblements en plein air,
ce n'est pas une foule béate acquise à un homme : c'est une foule qui se
réveille d'années de léthargie, de déprime, de démobilisation
politiques. Une foule de militantes et de militants plus encore que
d'électrices et d'électeurs. Et cette foule est derrière Mélenchon parce
que Mélenchon sait lui parler, et lui dire non seulement ce qu'elle a
envie d'entendre, mais surtout ce qu'elle a besoin d'entendre : qu'il y
a une alternative à l'ordre présent des choses, que « toute action n'est
pas vaine, toute politique n'est pas sale » (cela, c'est du
Mendès-France...), et que ce n'est pas parce que la gauche s'est si
souvent abandonnée à la force du courant, à celle de l'argent ou à la
raison raisonnable de la Raison d'Etat, qu'il faut renoncer à la
réveiller, la gauche...


Mélenchon prendra probablement des suffrages, au premier tour, au
candidat du PS. Mais il semble bien qu'il lui en prendra moins qu'à
Marine Le Pen et au Front National, vers qui, comme des personnages d'un
film de Guédiguian, semblaient vouloir se tourner en désespoir de cause
(et il en faut, du désespoir, et des trahisons de causes, pour se
tourner vers cette soue) les femmes et les hommes d'une gauche
plébéienne ne pouvant se reconnaître ni dans les politiques menées par
la gauche de gouvernement, ni dans les femmes et les hommes l'incarnant.
Mélenchon ramène dans la « vieille maison » (et cela, c'est du Léon
Blum...) celles et ceux qui n'en pouvaient plus d'y devoir cohabiter
avec des Bernard Tapie ou des Dominique Strauss-Kahn. Il ne prend pas
des électrices et des électeurs au candidat socialiste : il les prend à
l'abandon, à l'abstention, au vote d'humeur, à la chasse au
bouc-émissaire. Il les prend, ou plutôt : il les reprend là où la gauche
de gouvernement les avaient laissé : sur le bord de la route. Et il ne
les reprend pas pour lui : il les reprend pour eux. Et c'est la
condition nécessaire, pour n'évoquer que cette échéance et ce court
terme, d'un renvoi de Sarkozy. Par l'élection de François Hollande,
puisque seul le candidat socialiste est en mesure de battre, au second
tour, le président sortant, mais qu'il ne pourra le battre que grâce à
celles et ceux qui soutiendront Mélenchon dimanche, et soutiendront
ensuite Hollande.


Mais au-delà de cela, au-delà même de la situation française, il y a la
valeur d'un exemple : quand la « gauche de la gauche », la « gauche
socialiste » (ou le socialisme de gauche, comme on voudra) est capable
de se rassembler, elle pèse d'un poids déterminant dans les rapports de
force politiques. Si les sondages ne se sont pas lourdement gaufrés,
cela fera trente ans que cette «gauche de la gauche» n'aura pas pesé
autant dans une élection en France.
Alors, que les discours de Mélenchon effraient les centristes, que ses
références à Robespierre et Saint-Just hérissent Michel Onfray et que
Daniel Cohn-Bendit trouve Méluche ringard, à vrai dire, on s'en fout. Ce
qui importe, « ici et maintenant » (cela, de qui est-ce, déjà ?), en
France, des femmes et des hommes qui vomissaient ceux qui leur parlaient
de politique retrouvent le goût d'en entendre parler, mais avec des mots
qui veulent dire quelque chose d'autre qu'«adaptez-vous», « il n'y a pas
d'alternative », «c'est comme ça et pas autrement»... Des mots qui
disent autre chose que la soumission volontaire. Des mots qui disent de
la politique, et pas de la comptabilité.


De quoi Méluche est-il le nom ? D'un réveil.
http://tinyurl.com/cq4szoa

Tout à fait d'accord avec vous, mais ne serait-il pas temps d'appeler
les choses par leur nom ? La gauche commence à gauche du P.S. (ou UMPS
si vous préférez) ?

Cmarpo
20.04.2012 - 14:29
Dans son message précédent, NewsForums a écrit :
Le 20/04/2012 09:36, Cmarpo a écrit :
Snip pour faciliter la lecture:


De quoi Méluche est-il le nom ? D'un réveil.
http://tinyurl.com/cq4szoa

Tout à fait d'accord avec vous, mais ne serait-il pas temps d'appeler les
choses par leur nom ? La gauche commence à gauche du P.S. (ou UMPS si vous
préférez) ?

salut,

Peut-être. J'ai un ami, qui a renvoyé sa carte du parti communiste il y a 3 ou 4 ans, prétexte, "les membres du pc ne
savent plus ce que c'est le communisme", et qui dit entre autre qu'il (le communisme) n'a jamais existé dans aucun
pays, Il dit donc:
Moi, je ne suis pas de gauche, car je suis communiste.
Je viens de lui dire mon émotion suite au dernier meeting de jean-Luc Mélanchon, et il me répond cela:
" Bien sûr qu'il remue ! Il est là pour ça !
Tu trouveras ci-après un copié-collé d'un message que j'ai fait suivre hier à quelques connaissances qui vont voter
méluch des deux mains et qui m'en veulent de ne pas faire comme eux...
Amitiés.
JF

Bonjour,
Pour information, ci-dessous, un article d'Indépendance des Chercheurs.
(C'est moi qui ai mis une partie du texte en caractères gras et rouge, les liens (mots en bleu, soulignés) sont
fonctionnels.)
Bonne lecture et amitiés.
JF

Le 17 avril, Europe 1 écrit « Bruxelles hérisse Dupont-Aignan ». Nicolas Dupont-Aignan se déclare clairement opposé à
l'idée d'un salaire minimum européen instauré par l'Union Européenne. Même si nous ne nous inscrivons pas dans les
options politiques de ce candidat aux élections présidentielles de 2012, nous ne pouvons qu'être d'accord avec sa prise
de position et nous étonner de celle du candidat de la « gauche de la gauche » supposée qu'est Jean-Luc Mélenchon.
Mélenchon soutient l'idée d'un SMIC européen, ce qui revient de fait à cautionner la stratégie du « marché européen de
la main d'oeuvre ». EurActiv souligne « Bruxelles veut des salaires minimums dans tous les Etats de l'UE ». Mais à quoi
peut conduire une telle politique décidée depuis Bruxelles, si ce n'est à la prise en main par l'Union Européenne du
droit du travail des Etats membres et à des uniformisations par le bas ? La position de Jean-Luc Mélenchon n'est
cependant pas une surprise, vu son soutien déclaré à l'idée d'une Europe militaire qui comporte une implication à long
terme dans la stratégie de l'Union Européenne et dans son « marché du travail ». France Info fait état de la position
de Jean-Luc Mélenchon favorable à un SMIC européen basé sur des « critères de convergences sociaux comme il y a eu des
critères de convergences économiques ». Un clair soutien politique à la « construction européenne » avec des
conséquences sociales lourdes, quelles que puissent être par ailleurs les promesses électorales du candidat Mélenchon.
Le 17 avril également, L'Express diffuse à son tour un entretien avec le titre « Interview du Cercle des Européens:
"Pour Hollande, l'Europe doit protéger contre la crise" », où la réprésentante de François Hollande, Marisol Touraine,
appelle notamment l'Union Européenne (« l'Europe ») à investir dans « l'éducation, la recherche, les services publics
et les grandes infrastructures ». En clair, une appropriation par l'Union Européenne des services publics des Etats
membres. Que peut-on attendre de ce genre de « gauches » ? Et quel sera, dans un tel contexte, l'avenir des organismes
publics de recherche français comme le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) ? En rapport avec l'avenir
très incertain de la recherche française, et sans pour autant reprendre son contenu entièrement à notre compte, il nous
a semblé utile de consacrer une série d'articles à un texte de Nicolas Dupont-Aignan qui vient de nous être transmis.

[la suite, sur le lien
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/04/17/nicolas-dupont-aignan-et-la-recherche-scientifique-i.html
]
"

--

http://www.youtube.com/watch?v=gp3XZDK7Lw4&obv2e






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